Plan d'action : Vers une épicerie communautaire d'aliments d'ici

le projet Manger Local :

vers une épicerie communautaire d'aliments d'ici



Pour une alimentation Locale, Écologique, Saine,
Solidaire, Accessible et Juste (LESSAJ)

Plan d'action déposé au FRIJ
Novembre 2007

par le GRIP-UQAM

Intro
Le Groupe de recherche d'intérêt public (GRIP-UQAM)

En tant que membres du Groupe de Recherche d'intérêt public du Québec à l'UQAM (GRIP-UQAM), nous avons pour mission de mobiliser la population étudiante sur les enjeux sociaux et environnementaux et de créer des ponts entre l'université et la communauté.

Plus précisément, le GRIP est un organisme à but non-lucratif, regroupant plusieurs comités thématiques et un C.A. composé surtout d'étudiant-e-s. Nos objectifs sont :

a) de faciliter le progrès social en encourageant les individus, et en particulier les étudiant-e-s, à assumer leur rôle de citoyen-ne et leurs droits et leurs responsabilités;

b) de donner aux étudiant-e-s les moyens de valoriser leurs travaux et leurs recherches en actions sociales positives, d'acquérir des expériences pratiques et enrichissantes ainsi que de mettre les ressources universitaires au profit de la communauté dans son ensemble;

c) d'affronter les problèmes sociaux par la réalisation de projets étudiants sur des thèmes d'intérêt public;

d) de favoriser la participation étudiante aux débats publics, aux actions communautaires et aux réformes réglementaires ou législatives;

e) de promouvoir la participation active du plus grand nombre d'étudiant-e-s dans les projets et décisions de l'Organisme;
(...)
h) de faire tout ce qui est pertinent et nécessaire à la promotion et à la réalisation de ces objectifs.

Pour les autres aspects, voir nos lettres patentes en pièce jointe.

(pour le moment les documents supplémentaires ainsi que les notes de bas de page ne sont pas accessibles sur ce site)


L'équipe du projet Manger Local

Le GRIP a désigné comme responsable comme signataire de l'entente pour le FRIJ la trésorière de l'organisme, Priscilla Gareau. Active au GRIP depuis 1995, Priscilla termine présentement un doctorat en sciences de l'environnement portant sur la gouvernance environnementale, la démocratie participative et la gestion intégrée des déchets au Québec. Elle est également chargée de cours à l'UQAM en Politique de l'environnement et directrice du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE).

Le coordonnateur du projet à embaucher serait Michael Brophy. Il verrait avec les partenaires au développement de l'épicerie communautaire. Il a initié le comité Aliments d'ici du GRIP-UQAM en 2005 et proposé au C.A. du GRIP le projet Manger Local. Actif au GRIP depuis 1999, il est diplômé de l'UQAM en sociologie et de l'Université de Montréal en sciences religieuses. Il a produit en 2006 un recueil pour les étudiants et les organismes en sécurité alimentaire intitulé « Pour manger local, sain et abordable » ; il a travaillé en 2007 pour la concertation des organismes de sécurité alimentaire du quartier Rosemont ; il fait présentement des recherches sur les stratégies de mise en marché d'aliments locaux tout en suivant des cours à l'Université Concordia en approvisionnement et gestion d'entreprises.

Nicolas Gauthier serait la personne responsable pour l'aspect éducation et mobilisation. Diplômé de l'UQAM en travail social – profil organisation communautaire, Nicolas est responsable de la liaison communautaire pour le comité Aliments d'ici depuis 2006 et il coordonna les efforts de mobilisation du comité ainsi que la rédaction du mémoire pour la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire au Québec. Il a travaillé en éducation populaire en sécurité alimentaire, avec la population du Centre-Sud dans le cadre du projet Nos parcs nos ruelles, ainsi qu'en conseil au niveau de l'efficacité énergétique des bâtiments.

Pour l'éducation plus pratique au niveau de la transformation des aliments, la conception des procédés culinaires et comme responsable de l'atelier de transformation, Simon Lavoie serait désigné. Il termine ses études cet hiver en Sciences et technologie des aliments, ce qui lui permet de maîtriser les questions entourant la conservation, la préparation et la mise en marché des aliments tant au niveau réglementaire, sanitaire, chimique que logistique. Formé en entrepreneuriat, il s'intéresse particulièrement au développement durable agroalimentaire.

Le projet Manger Local

D'abord s'organiser pour mieux manger

Le comité Aliments d’ici, fondé au GRIP 2005, travaille à explorer et mettre en pratique des alternatives pour se nourrir de façon locale, saine et abordable à Montréal. Par un premier projet de recherche, qui mena à la création d'un recueil d'information qui fut distribué aux organismes communautaires en alimentation et à de nombreux étudiants montréalais, un travail de réseautage et de sensibilisation fut entamé. Des activités de solidarité ville-campagne ont ensuite été développées, ainsi que des achats collectifs, des partages de connaissance, une cuisine collective, etc. À petite échelle ces activités nous ont permis de comprendre certains enjeux et de se donner des moyens d'action collective adaptés à la réalité de notre système agroalimentaire.

Le projet Manger Local vise maintenant à mettre en place un espace permanent à proximité de l'UQAM qui comprendra une épicerie et un ensemble d'activités éducatives visant l'autonomie alimentaire. L'épicerie s'approvisionnera directement chez les petits producteurs des régions environnantes. Elle sélectionnera ses aliments et s'organisera en fonction d'une alimentation Locale, Écologique, Saine, Solidaire, Accessible et Juste. C'est ce que nous appelons les valeurs LESSAJ. Un atelier de transformation des aliments et un programme de jardinage éducatif rendront possible un accès à de la nourriture locale, saine et abordable à l'année pour les jeunes et la population environnante.


Notre autonomie alimentaire : une problématique incontournable

L'intérêt grandissant pour une alimentation plus saine et plus locale s'exprime de toutes parts parmi la population. Sachant que nos aliments parcourent une moyenne de 2 400 km entre la terre et l'assiette et que le tiers des camions qui sillonnent les autoroutes québécoises transportent des aliments...1 Ainsi, pendant que six milliards de tonnes de carbone sont rejetées chaque année dans l’atmosphère, l'industrie alimentaire s'affaire à miser sur l'exportation, si bien que: « Au cours de l’année 2000, le Québec a exporté plus de 7000 tonnes de pommes fraîches et en a importé presque le double. » 2

Il apparaît de plus en plus clair, que: «les consommateurs paient trois fois leurs aliments: une fois à la caisse, une deuxième fois par l’entremise de leurs impôts – qui servent en grande partie à financer la grande industrie agroalimentaire – et une troisième fois quand vient le temps de réparer les dégâts causés par ce système. »3

Parmi ces effets qui échappent parfois à l'oeil des populations urbaines, notons la disparition des fermes au Québec, à un rythme de presque une par jour. Notons également l'effritement de notre culture culinaire, dont les repas congelés en hausse de 700 % ces dernières années sont un indice inquiétant. Le rythme de vie nous coupe en bonne partie de ces connaissances, tant agricoles que culinaires, qui sont cruciales à notre autonomie alimentaire, tant au plan économique, culturel que personnel. Heureusement, des pistes d'alternatives prennent forme et des initiatives nouvelles de solidarité émergent pour recréer le lien avec cette terre qui nous nourrit et nous fait vivre. Un mouvement pour une alimentation et une vie à une échelle plus locale prend forme ici comme ailleurs dans le monde.

Des alternatives qui nous seront accessibles

Parmi les pistes qui sont proposées, ceux qui en ont les moyens peuvent s'inscrire à des paniers bio, se rendre chez le fermier en voiture chercher des denrées fraiches, agrémenter leurs repas de produits fins produits par des artisans de chez nous. Par contre, chez les jeunes, un tel accès aux aliments locaux et sains est difficile. Pourtant la préoccupation pour l'environnement grandit, les avantages pour la santé des aliments bio sont de plus en plus connus, le désir d'avoir un impact politique par nos choix de consommation s'exprime haut et fort. Ce qu'il nous manque, ce sont avant tout des lieux où se rassembler pour à la fois s'approvisionner, apprendre à cuisiner, comprendre pourquoi le système alimentaire produit tous ces effets injustes, et définir ensemble comment on peut s'organiser pour mieux manger de manière responsable.

Les objectifs du projet Manger local

Créer un tel espace de participation et d'éducation citoyenne constitue la base du projet. Nous travaillons ainsi sur la sensibilisation, le développement de la culture culinaire et une approche de mise en marché solidaire pour favoriser chez les jeunes un engagement en faveur de l'autonomie alimentaire.

L'Autonomie alimentaire 4:

• C'est l'accès en tout temps et à long terme à une quantité quotidienne suffisante de nourriture, à un coût raisonnable.

• C'est le pouvoir de choisir, en toute dignité et en ayant accès à une information claire et fiable, une alimentation saine, variée et salubre.

• Elle s'acquiert par l'action collective et solidaire de se prendre en charge individuellement et collectivement, pour le mieux-être d'une communauté, dans un esprit de développement durable.

• Elle favorise le respect de l'environnement, le commerce équitable, la consommation responsable et vise un équilibre durable entre la satisfaction des besoins présents et ceux des générations futures.

Le projet Manger local rejoint ainsi à notre avis au moins cinq des objectifs prioritaires du Forum jeunesse. D'abord celui de favoriser la participation et l'éducation citoyenne des jeunes, comme nous le développerons au cours du présent document.

Il aide également à :
- Sensibiliser les jeunes à l'entrepreneuriat et favoriser la mise en place de projets en économie sociale.
- Mettre en place des mesures préventives afin de lutter contre les problèmes sociaux et la pauvreté (...).
- Favoriser l'accès pour les jeunes à de l'information, à des services et à des lieux communs de réseautage en santé mentale, physique (...).
- Mettre en place des projets afin de sensibiliser les jeunes au développemet durable, au transport en commun, au recyclage et à la qualité de l'eau.

Le développement durable consiste d'ailleurs au niveau idéal dans l'intégration des tels éléments dans une dynamique de transformation sociale. Cependant, le développement lui-même, si on entend par là la croissance économique continue, est selon nous à questionner en termes qualitatifs et à remettre en question en tant qu'indice de progrès, un peu comme l'entendent les signataires du Manifeste pour une décroissance conviviale.5 Par exemple, la construction de liens économiques de réciprocité à des niveaux autres que monétaires et l'apprentissage de techniques simples de transformation des aliments peut occasionner une légère décroissance du PIB mais participer à créer une société plus viable au niveau de la santé des communautés.

Une population concernée

Le quartier Centre-Sud, où se situe notre organisme, appartient pour ce qui touche la santé publique au territoire du CSSS Jeanne-Mance, dont la population s'élève à 136 545 individus.6 Le quartier Centre-Sud, associé plus spécifiquement au secteur Des Faubourgs de ce territoire, comprend 43 120 résidents, en 2003.7

Nous constatons que la population y est défavorisée, comparée à la population montréalaise sur presque tous les indicateurs de santé évalués par les CLSC, notamment : espérance de vie, retard de croissance intra-utérine, cancer, maladies de l'appareil circulatoire, maladies de l'appareil respiratoire, suicide et traumatismes non intentionnels. 8

La proportion des jeunes de 15 à 24 ans qui ne fréquentent pas l'école est de 40,5 %, comparativement à 31,6 % dans la région montréalaise;
Le taux de grossesse à l'adolescence y est 2,3 fois plus élevé : 65 cas pour 1000, comparativement à 28 cas pour 1000.

Les prestataires de l'assurance-emploi y comptent pour 24,7% de la population, comparé à 12,8% pour l'Ile de Montréal.
La part des personnes vivant sous le seuil de faible revenu est de 47,5%, comparativement à 29 %.

Quant à la population étudiante, en terme de nombre, l'UQAM est évaluée à 41 000 et le Cégep du Vieux-Montréal à 7 000 étudiants. Pour définir combien de gens pourront être visés par nos activités, disons que ces nombres s'additionnent en grande partie à ceux de la population du quartier Centre-Sud, car : « Peu d'étudiants de l'UQAM résident dans le voisinage immédiat de l'université. (...) 42% habitent à plus de trente minutes de transport de l'UQAM. »9

À savoir quels groupes d'âges composent cette population, selon les données de 2001 où l'UQAM a 37 865 étudiants, 17 923 sont âgés de moins de 25 ans (47%) et 12 451 ont entre 25 et 34 ans (33 %), le 20 % restant étant de 35 ans et plus.10

Quant au Cégep du Vieux-Montréal, en 2005, il dessert 7000 étudiants dont 5937 à l'enseignement régulier. De ceux-ci 57% sont âgés entre 18 et 20 ans, 31% entre 21 et 25 ans, 9% ont plus de 25 ans. 64% sont des femmes et 36% des hommes.

A l'UQAM en 2001, 62,5 % des personnes inscrites à temps complet ont un revenu de 10 000$ et moins. Au premier cycle, le quart des étudiants (25,1%) gagnait moins de 5000 $ par année.11 À la maîtrise et au doctorat, la situation est comparable : « au moins 40 % des étudiants aux cycles supérieurs au Québec disposent d'un financement total inférieur au seuil de faible revenu de Statistique Canada. Ce pourcentage s'élève à 70 % pour la catégorie des étudiants des cycles supérieurs âgés de moins de 25 ans. »12


Des activités qui rejoindront les besoins et les valeurs de la communauté

Les différents volets du projet devront être adaptés aux besoins de cette population à la fois défavorisée et possédant des niveaux de scolarité très variables.

Comme nous l'avons indiqué, la proportion des jeunes de 15 à 24 ans qui ne fréquentent pas l'école est plus élevé qu'en moyenne à Montréal, tout comme les grossesses à l'adolescence y sont 2 fois plus élevés. Une partie des jeunes devra être approchée à travers les services de proximité et espaces de loisir du quartier. L'usage d'internet qui est stratégique pour diffuser de l'information écrite à des étudiants devra faire place à des outils plus souples et conviviaux pour arriver à rejoindre les besoins alimentaires de certains jeunes. Par exemple la livraison à domicile pour les jeunes mères serait une condition d'accessibilité minimale à offrir vu la difficulté de traverser le quartier à pied avec des enfants. Les activités de partage de connaissance à l'université et au cégep devront également s'accompagner d'activités similaires dans divers lieux du quartier que visitent régulièrement les jeunes qui ne sont pas étudiants.

Ceci vaut pour l'ensemble des volets du projet, tant au niveau du matériel d'information, du type d'animation à privilégier, des heures propices pour rassembler des participants et ainsi de suite. Ces questions pourraient relever du « plan de communication » mais nous les avons inclues ici comme éléments de problématique à considérer.

Quels types d'activités ?

Il y aurait globalement trois volets principaux, tels que nous les avons définis au niveau de l'équipe portant le projet.

La mise sur pied de l'épicerie communautaire

- Étude de marché
- Plan d'affaires
- Structure démocratique et juridique
- Logistique d'approvisionnement
- Financement
- Gestion et réduction des déchets
- Choix de l'emplacement et location

- Aménagement de l'espace : vente, bureau, entreposage

Un ensemble de démarches éducatives dans la communauté

Sur quatre aspects :
1) la consommation responsable
2) le partage des savoir-faire
3) l'engagement communautaire
4) la prise de parole comme citoyen-ne-s

- Évaluer les besoins des jeunes
- Créer des outils informatifs au niveau internet et sur papier
- Définir des activités pertinentes
- Publiciser les activités au niveau des médias et réseaux de jeunes
- Insérer dans la vie associative ces activités *
- Accompagner les jeunes dans leur participation
- Évaluer la portée éducative et l'intérêt de chacune
auprès de jeunes de différents milieux

* Vie associative: au sens de participation aux activités de mise sur pied de l'épicerie communautaire, au jardinage, à la transformation alimentaire, ainsi qu'à des sessions thématiques dans les milieux étudiants et communautaires du secteur.


Un lien avec la campagne pour y jardiner et transformer les aliments

Jardinage solidaire et éducatif :
- Aménager un véhicule pour le transport des membres vers les fermes
- Définir les plans de travail pour les saisons de jardinage
- Préciser le contenu éducatif des activités de jardinage et de cuisine
- Créer un outil informatique pour faciliter les inscriptions aux activités

Conception et démarrage de l’atelier de transformation alimentaire :
- élaboration des recettes
- détermination des procédés
- recherche d’information concernant les législations et normes
- aménagement de l'atelier
- essais « pilotes » des recettes / procédés élaborés
- élaboration d’une stratégie en matière de qualité / conformité / uniformité des
produits
- mise en route d’une structure souple de production

Résultats envisagés à court, moyen et long terme

Au niveau qualitatif :

Une première étape de recherche est en cours. D'ici avril 2008, nous définissons les critères d'approvisionnement, précisons notre plan de mise en marché et concevons un guide de procédés culinaires pour une cuisine saisonnière locale, simple et accessible.

Grâce au FRIJ nous souhaitons entreprendre la mise sur pied du projet Manger Local, sur quatre volets principaux :
Préciser les outils et activités de mobilisation et d'information pour la phase de dénifition de l'épicerie communautaire en rassemblant des acteurs des milieux agricoles, étudiants et communautaires.
Développer le plan d'affaires, les règlements généraux et procéder à l'incorporation d'une OBNL avec divers comités de membres (parties-prenantes)
Définir et organiser une logistique d'approvisionnement écologique pour l'épicerie.
Mettre au point un ensemble de produits transformés afin d'offrir une diversité alimentaire locale à l'année.

À moyen terme, nous comptons :
Obtenir les fonds pour le démarrage de l'épicerie et de l'atelier de transformation.
Aménager le véhicule pour le transport des membres vers les fermes partenaires.
Former l'équipe pour la phase du projet entourant l'ouverture des installations.
Procéder à l'ouverture.

À plus long terme, nous souhaitons:
Organiser un autobus-épicerie pour étendre la distribution des aliments en collaboration avec des organismes d'autres quartiers.
Multiplier les activités éducatives sur l'alimentation et favoriser l'implication citoyenne sur les questions d'éco-alimentation et d'autonomie alimentaire.
Distribuer des aliments à des commerces et associations qui partagent les valeurs à la base de notre projet.
S'associer avec un plus grand nombre de fermes et d'artisans en région.

Au niveau quantitatif :

Objectifs en termes de nombre de jeunes qui participeront aux différents volets

mise sur pied de l'épicerie : 30 la 1ère année, 80 la 2e année (assemblées consultatives, comités de travail, implication dans divers aspects pour mettre à profit leurs différents domaines d'étude et de compétences) ;

démarches éducatives : 60 la 1ère année, 150 la 2e (ateliers en milieu étudiant et communautaire, activités diverses sur nos 4 aspects éducatifs favorisant l'autonomie alimentaire) ; nombre de jeunes qui seront sensibilisés par nos outils d'information : 500 la 1ère année, 3 000 la 2e année (à évaluer en nombre de visites sur notre site internet et en nombre de feuillets d'information distribués)

jardinage et transformation alimentaire : 50 jeunes la 1ère année, 150 la 2e année iront avec nous à la campagne jardiner et apprendre à transformer / cuisiner / conserver certains aliments.

Ces objectifs, si nous évaluons au minimum que la moitié des participants la 1ère année seront du nombre la deuxième année et qu'un nombre important participeront à plus d'un volet, cela donnerait approximativement :

175 à la campagne, 180 dans les activités éducatives en ville, 95 dans la définition du projet de l'épicerie communautaire. Donc 450 mais en réalité disons 300 vu les recoupements entre volets.


Un suivi pour un projet à long terme

Évaluation :
Tout au long du projet, les participants seront invités à communiquer leurs commentaires quant à leur niveau de satisfaction. Comme outils, nous prévoyons :
Des évaluations orales à la fin de chaque rencontre
Un questionnaire écrit pour les nouveaux participants
Un espace internet interactif pour apporter des commentaires et suggestions sur les différents volets d'activité.

Perspective :
Comme nous l'indiquons dans nos prévisions à long terme, ce projet s'inscrit d'abord dans un milieu précis, un quartier avec ses réalités particulières et une population étudiante particulièrement réceptive aux questions d'écologie sociale. Nous espérons participer à définir un nouveau rapport à l'alimentation qui puisse prendre racine de manière différente dans d'autres quartiers, d'autres villes et nous comptons y contribuer en travaillant avec des associations qui s'y trouvent soit au niveau de l'approvisionnement, soit au niveau du partage de pratiques et d'expériences.

Calendrier de réalisation (la mise en page du tableau ne peut être reproduite sur ce site pour le moment)

Printemps 08
Été 08
Automne 08
Hiver 09
Printemps 09
Été 09
Automne 09
Hiver 10

Activités
Étude de marché
Plan d'affaires
Définir la structure démocratique
Logistique
Financement
Réduction des déchets
Emplacement
Aménagement
Activités éducatives: Évaluer les besoins
Outils informatifs
Définir des activités
Publiciser
Vie associative
Accompagnement des jeunes
Évaluation
Aménager le véhicule
Plan de travail: jardin et atelier
Contenu éducatif : jardin et cuisine
Informatique pour inscriptions
Élaboration des recettes
Détermination des procédés
Recherche législation et normes
Aménagement de l'atelier
Essais « pilotes »
Stratégie qualité / conformité
Démarrage de la production
Travail d'administration
Rapports d'étape

Brève évaluation du besoin :

Comme nous visons une participation et une éducation citoyenne, c'est à ce niveau que nous évaluerons ici brièvement le besoin. Nous le ferons sur nos quatre aspects en citant simplement pour chacun un exemple ou quelques données sur la situation dans le quartier.

La consommation responsable

Dans l'ouvrage paru récemment en 2007, La consommation responsable : entre bonne conscience individuelle et transformations collectives, Julie Jacques écrit : « Je dirais qu'une bonne partie des jeunes interrogés sont conscients qu'il y a récupération politique de la part des grands géants de l'alimentation et de la restauration. Acheter un produit équitable ou biologique produit par une multinationale ou vendu dans une grande chaîne constitue pour plusieurs une aberration (...) Outre les qualités du produit acheté, plusieurs consommateurs vont aussi, et dans certains cas d'abord et avant tout, rechercher des commerces qui correspondent à leurs valeurs »13

Si la population et les jeunes n'en sont pas tous là, nous voyons tout de même qu'en offrant clairement des options alimentaires à la fois locales, écologiques, saines, solidaires, accessibles et justes, nous pouvons à la fois sensibiliser aux enjeux et répondre à ce besoin de plus en plus présent que d'être fidèles à nos valeurs dans nos choix alimentaires.

Le partage des savoir-faire

Un exemple qui parle : « Faut-il savoir cuisiner pour se joindre à une cuisine collective ? « Pas du tout », annonce d’entrée de jeu Germaine Chevrier, coordonnatrice du Regroupement des cuisines collectives du Québec (RCCQ). Elle nous cite l’exemple de cette jeune fille qui possédait un doctorat, mais était nulle en cuisine.

« D’abord hésitante, elle s’est vite rendu compte qu’une cuisine collective est un lieu de partage, raconte madame Chevrier. Chacun y apporte ses connaissances et expériences de vie. (...) Dans ce cas, l’échange a été révélateur pour tous : ce n’est pas parce qu’on est très scolarisé qu’on sait tout. Et vice-versa. « Briser les préjugés entre les différentes couches sociales est une de nos valeurs fondamentales. Les cuisines collectives sont pour tout le monde », ajoute-t-elle.

On y observe une diversité de générations. Une mère de plusieurs enfants côtoie une toute jeune maman dans la vingtaine, échangeant conseils et petits trucs ou encore des personnes âgées, en général des femmes qui, parce qu’elles vivent seules, ne prennent plus le temps de cuisiner et souvent s’alimentent mal. Selon Germaine Chevrier, « les participantes ne cessent d’y trouver des avantages. Certaines sont retournées à l’école, d’autres sur le marché du travail. Beaucoup ont repris confiance en elles au contact des autres membres du groupe, brisant l’isolement. Des mères ont réalisé qu’elles avaient plus de temps à consacrer à leur famille, n’étant plus préoccupées par le souper à préparer. Elles se sont construit des réseaux d’entraide, valorisées en partageant leurs compétences comme mère de famille », précise-t-elle. »14

L'engagement communautaire

Lors du colloque « La faim ça prend des moyens », qui rassemblait l'ensemble des intervenants en sécurité alimentaire du Centre-Sud, le rapport d'un des ateliers affirme:
« Chercher à attirer plus de supermarchés sur le territoire n'est pas une solution adéquate. (...) Les supermarchés ne répondent pas aux besoins d'accompagnement, d'éducation culinaire et alimentaire, ils ne permettent pas de briser l'isolement et de faire de l'éducation à la citoyenneté. » On précise en conclusion : « Si on vise à créer des alternatives à l'offre commerciale tout en préservant le rapport traditionnel de consommateur ou de client, on ne crée pas un lieu pour discuter, s'éduquer, se mobiliser contre la pauvreté. »15 Notre projet consiste précisément à intégrer toutes ces dimensions dans une épicerie communautaire, démocratique, appartenant à ses membres, reliée avec des fermes, d'autres associations, bref un lieu d'engagement communautaire.

La prise de parole comme citoyen-ne-s

Citons ici l'exemple du Groupe Ressources du Plateau Mont-Royal : « Avec la multiplication des groupes d'achats sur l'Ile de Montréal et au Québec, ceux-ci ont pu augmenter leur volume d'achats et intéresser certains producteurs agricoles à faire affaires avec eux. (...) Plus, sur la base de ces victoires que vivent quotidiennement les membres du Groupe Ressources dans leur assiette, ceux-ci ont pris confiance en leur capacité collective de changer leur vie et s'attaquent maintenant à des défis citoyens de reprise en main de leur milieu de vie. Ainsi, des ateliers sur la citoyenneté, axés sur la prise de parole (...) ont donné lieu à une création collective de scénarisation d'une bande dessinée sur le sujet (...). » Vous en trouverez quelques pages après celles-ci.


Évaluation des ressources déjà existantes

Citons ici la Table CIGAL, La sécurité alimentaire dans le Centre-Sud, 2003:

« La préparation alimentaire constitue le chaînon manquant dans le continuum de services en sécurité alimentaire. En effet, plusieurs responsables d'organismes ont identifié la préparation de repas comme étant l'un des principaux moyens de transmission de l'information alimentaire, permettant d'échanger les connaissances et les pratiques, aussi bien d'une génération à l'autre qu'entre individus. (...) Les cuisines collectives en sont un exemple. »

« Seulement trois organismes animent présentement des groupes de cuisines collectives régulières. (...) Les groupes de cuisine se rencontrent une fois par mois. Les données de 2003 indiquent qu'environ 60 personnes dans tout le quartier y participent. »

"À peine une centaine de personnes sont inscrites à des activités de groupe d'achats."

" La plupart des cours de cuisine offerts par les organismes communautaires du territoire sont destinés aux enfants ou à leurs parents." p.33

"Il faut signaler l'initiative de la Maison Plein Coeur, qui offre à ses membres des sessions de formation en alimentation. (...) On jette d'abord un coup d'oeil sur les besoins et les habitudes alimentaires des membres, pour ensuite faire une tournée des épiceries. Cette tournée permet de comparer les prix entre différents types de magasins et d'aliments (...)." p.34 Il est précisé que leurs activités s'adressent aux personnes atteintes du VIH-Sida.

Il existe un point de chute pour des paniers de légumes d'ASC : les Jardins de Tessa, au Comité social Centre-Sud et deux points de chute pour des viandes bio. Comme ceux-ci rejoignent au maximum quelques dizaines de personnes, nous sommes confiants de pouvoir se positionner en complémentarité avec les ressources existantes.


Avantages concurrentiels ou complémentarité des ressources

Quant à l'offre alimentaire commerciale, nous joignons aux pages suivantes des données rédigées par les organismes du quartier et la direction de la santé publique. Nous y voyons amplement de l'espace pour une épicerie communautaire à proximité de l'UQAM. D'ailleurs, deux organismes du quartier nous ont déjà offert d'aménager dans des locaux qu'ils ont à louer.


Plan de mise en marché ou de communication

Nous considérons avoir précisé à ce point déjà plusieurs éléments concernant les moyens prévus pour rejoindre la population et en particulier mobiliser les jeunes du milieu. Précisons peut-être surtout que notre approche vise avant tout la mise en marche des gens, avant la mise en marché des biens.

En étudiant les différents aspects qu'implique la mise en marché des aliments, nous constatons à quel point les intermédiaires prennent la majorité des revenus et comment la concentration des entreprises s'accentue. Nous comptons donc créer les liens directs avec les producteurs, par une approche de mise en marché qui couvrira tous les maillons de la chaîne en y incarnant nos valeurs de base, ou LESSAJ que nous définissons comme suit :

Local « Vivre en fonction des ressources disponibles à proximité du lieu où on se trouve. »

Écologique « Dans le respect de l'écosystème, où s'accordent les besoins de la Terre et des êtres vivants qui l'habitent. »

Sain « Qui n'a aucun effet néfaste sur l'organisme et qui favorise l’atteinte et le maintien d'un bon équilibre physique et psychologique. »

Solidaire « Qui favorise l’entraide ainsi que des liens humains harmonieux et durables à des niveaux plus que monétaires. »

Accessible « Qui est disponible à tous et chacun, quelle que soit sa condition sociale ou son lieu de résidence. »

Juste « Qui favorise un équilibre dans la satisfaction des besoins et qui tient compte du contexte dans lequel chacun évolue. »

Planification financière

budget ventilé (pages suivantes)

les différentes sources de financement

GRIP : 4 000 (3 000 en argent ; 1000 en ressources matérielles et humaines, voir détails dans le budget)

description des contributions en annexe:
Chaire en éducation relative à l'environnement : 5 000
Ferme Abbestee : 12 650
Association de développement durable : 8 000
Equiterre : 4 000
Anne-Marie Roy : 2 500
Camp Villa de Brome : 3 000
A & D Rénovateurs : 14 400

Total des contributions reçues : 53 550
Montant demandé au FRIJ : 124 950

Budget total : 178 500

la participation des partenaires décrite et chiffrée

se trouve en annexe

les annexes ne sont pas disponibles ici pour le moment